Á vos marques, prêts, greeter !

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L’emblème de Dijon : la chouette !

Le mouvement des Greeters (prononcé « gri-teurz ») prend sa source à New York dans les années 90. Le mot vient du verbe anglais to greet, qui signifie accueillir ou recevoir.

Le principe ? Vous êtes un touriste et vous voulez visiter une ville d’une manière différente et plus vraie : c’est donc un habitant avec son histoire et sa passion qui va vous faire découvrir son environnement.

Les greeters sont des bénévoles, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas des guides professionnels (le vrai terme, c’est guide-conférencier). Ce sont des « locaux » avec une vision de leur ville qui n’est pas forcément touristique et qui immerge le visiteur dans leur quotidien et leur vécu.

 

Maison à colombages

Commençons au début : comment fait-on pour contacter un greeter ?

Le plus facile, c’est bien sûr internet. En mettant les bons mots-clés dans un moteur de recherche [ex : greeters + nom de la ville], on arrive à un contact en quelques clics. Sachez qu’en France, la mise en place d’un réseau local de greeters est souvent une initiative de l’Office de Tourisme. Alors, appelez les conseillers en tourisme, ils vous diront très rapidement si un réseau local a été créé sur leur territoire. Sur le site internet des Greeters France (en français et en anglais), vous trouverez même une carte interactive pour vous montrer les villes concernées !

Cela fait longtemps que le mouvement se développe en France et, comme je n’avais pas encore eu l’occasion de faire appel aux greeters en voyage, j’ai décidé d’aller à la rencontre de l’un d’entre eux dans ma ville de résidence actuelle : Dijon.

-Oui, je me suis dévouée. Pour vous. Ne me remerciez pas.

Notre-Dame de Dijon

Comment ça se passe ?

J’ai donc contacté les greeters de ma ville par mail et c’est la directrice de l’Office de Tourisme qui m’a informée, moins de 24h plus tard, avoir transmis ma demande à Pierre, qui sera mon greeter. Après quelques échanges, le rendez-vous est pris pour le mardi matin, 9h30, Place Darcy (un des grands points de rendez-vous de la ville).

Dans mon mail, j’expliquais ce que j’aimais découvrir dans une ville : l’architecture, les anecdotes historiques, les aspects écologiques et la nourriture – mais étant dijonnaise depuis déjà un an, la pitance, je maîtrise !

Pierre arrive pile à l’heure –genre, vraiment : 9h30 tapante. On ne peut pas le manquer : un joli pantalon orange, des lunettes à la Jean-Pierre Coffe (en plus discrètes) et des yeux qui pétillent.

On se présente, on se serre la main et c’est parti ! C’est un Dijonnais d’adoption à la retraite, qui aime sa ville et qui va m’embarquer pour près de trois heures à travers toutes les époques. Il est au courant pour l’article, alors je lui explique Esprit Bhûmi et « l’essence » qu’Orlane a voulu mettre dans son webzine.

« L’Écologie ? – qu’il me dit –, mais Dijon est dans une démarche écologique depuis très longtemps ! », et nous voilà partis pour le milieu du XIXe siècle dans le réseau d’eau potable de la ville mis en place par M. Darcy – rien à voir avec celui du livre de Jane Austen, les filles, désolée. Car Dijon a été l’une des premières villes d’Europe à avoir l’eau potable après les grandes crises de choléra. Ce réseau ancien est toujours là et a été revalorisé lors de la construction du tram – oui, on a le tram à Dijon , on se sert du réservoir pour l’arrosage des zones vertes (comprendre : le gazon) proches du tram. D’ailleurs, Pierre m’explique qu’il existe des financements européens pour certains projets écologiques qui peuvent aller jusqu’à 200 millions d’euros d’aides : Dijon est l’une des seules villes de l’Union Européenne à avoir reçu l’intégralité de cette somme pour la construction de son tram qui est totalement éco-conçu !

Les tuiles vernissées de Bourgogne

À partir de cette ligne, vous avez totalement oublié que j’étais là pour vous parler des greeters, n’est-ce pas ?

Et bien, la passion de Pierre pour notre ville m’a fait le même effet : j’ai été embarquée et j’en ai oublié l’article. Mais l’expérience ne fut pas comme celle que l’on a avec un guide qui débite son texte – j’ai été guide dans un musée alors j’ai le droit de dire ça, na ! Nous avons déambulé dans les rues, comme deux personnes qui ne se sont pas vues depuis longtemps. Nous avons discuté de l’Ordre des Médecins, de végétarisme, de Pokémon Go (oui, oui), des différences entre l’art Nouveau et l’art Déco, nous avons même opposé nos opinions sur la destruction des œuvres d’arts post-Révolution et les origines de l’emblème de la ville : la chouette de Dijon.

J’ai quand même réussi à poser quelques questions à mon greeter. Pierre a déjà « trois ans de bouteille » en tant qu’hôte et du monde, il en a accompagné. Pour devenir greeter, il faut passer un entretien. Pour lui, le rendez-vous avait été pris avec trois dames de l’Office de Tourisme qui organisent le mouvement en Côte d’Or – C’est un département, pour ceux qui ne savent pas. Honte à vous. Voilà. Il était prévu une grande balade de plusieurs heures pour les convaincre qu’il pouvait devenir un ambassadeur de la ville. Au bout d’un quart d’heure de déambulation, elles l’ont arrêté pour lui dire « c’est bon, on vous prend ! ». Car ce que l’on recherche chez un greeter, c’est qu’il arrive à « passer  le message ». C’est-à-dire que le touriste qui fait appel à lui doit repartir avec en tête que la ville est pleine de surprises, qu’elle est riche en anecdotes et qu’il a passé un bon moment avec un habitant passionné.

Avant de se séparer, nous avons pris une photo pour immortaliser notre rencontre sous la Porte Guillaume. Pierre a même un album chez lui où il conserve précieusement toutes ses rencontres. Comme je n’aime pas arriver les mains vides, je lui ai donné un petit cadeau fait-maison pour le remercier de sa visite toute particulière.

Merci les greeters !

Pierre, ton numéro, je le garde et je n’hésiterai à t’appeler si j’ai une question sur notre ville, comme promis.

Le slogan des Greeters est « Venez en balade greeter, repartez en ami. », et c’est vrai ! On arrive en se serrant la main et en se vouvoyant, on repart en se faisant la bise et en se tutoyant. Ce fut vraiment une belle rencontre et je n’hésiterai pas à réitérer l’expérience ailleurs en France et à l’étranger !

Alors, ça vous donne envie de « greeter » ?


Pour aller plus loin :

Le site internet des Greeters France : http://www.greeters.fr/

Le site des Greeters de Bourgogne : http://www.bourgogne-greeters.

2 Responses

  1. C’est trop cool ça! Je savais à peu près que ça existait mais j’ai jamais encore testé. Merci du partage et de nous en parlé, j’aimerais en faire aussi l’expérience pour un prochain séjour. Bisous!

    • Bonjour Amélie !
      C’était vraiment une super expérience, je te conseille vraiment de passer par les greeters pendant tes séjours.
      C’est une très belle manière de découvrir un territoire 🙂

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