Au secours de la baie sous-marine de Lannion

Classé dans : Infos | 0

10691529

A Lannion, dans les Côtes d’Armor, l’exploitation du sable d’une baie sous-marine a été autorisée en avril 2015 par l’ancien ministre de l’économie, Emmanuel Macron. Le but ? Fertiliser les terres bretonnes, de par sa teneur en fragments de coquillages. Cette option permet de répondre à l’interdiction d’utiliser le maërl, une algue fossilisée.

« L’autorisation prévoit d’extraire des fonds marins 250 000 m3 par an pendant quinze ans sur une zone de 4 km2. Soit 3,75 millions de m3 d’une dune sous-marine située à environ 7 km de Trébeurden et 10 km de Locquirec (Finistère). Elle est également à moins d’un kilomètre de deux zones classées Natura 2000, dont celle de la réserve des Sept-Îles, administrée par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). », indique France TV Info.

Dès le début, cette décision a fait l’objet de bon nombre de manifestations d’opposants. En effet, cette baie sous-marine abrite de nombreuses espèces de poissons, dont le lançon, petite anguille de sable dont sont friands des prédateurs tels le bar. La zone est également propice à l’observation de nombreux oiseaux. En effet, les fous de Bassan ou encore les macareux moines sont eux aussi friands du lançon. Pour rappel, la réserve abrite 11% des oiseaux marins nicheurs de France métropolitaine et la colonie majeure de reproduction de phoques gris de France métropolitaine.

Ce projet a réussi à fédérer les opposants de tous bords : pêcheurs de bars, riverains, professionnels du tourisme, ainsi que les élus locaux, de droite comme de gauche, des treize communes autour de la baie. Ce collectif, le Peuple des dunes en Trégor, a même été reçu par la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, qui a promis une mission d’inspection

Pour les opposants, ce sable pourrait être remplacé par du calcaire terrestre, des coquillages de sites ostréicoles, ou la boue du Mont-Saint-Michel.

Le tribunal administratif de Rennes a cependant rejeté le recours déposé en référé par des associations et des communes qui demandaient l’annulation des décrets préfectoraux autorisant l’exploitation. C’est maintenant au tour du Conseil d’Etat de rendre son verdict sur le fond de cette affaire.

Dans un « soucis d’apaisement », la compagnie exploitante de la baie a décidé de suspendre provisoirement son activité, jusqu’en novembre. Une maigre accalmie pour la faune bretonne !

Nanou

Laissez un commentaire