La pierre philosophale du XXIème siècle

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Bonjour à tous et à toutes!

Je sais, le titre est accrocheur mais après tout qui n’a jamais rêvé, en particulier après avoir lu le tome Un d’Harry Potter d’avoir une pierre philosophale et ainsi transformer un matériau sans grande valeur en quelque chose pouvant rendre riche.

Eh bien c’est l’idée de Akinori Ito de chez Blest corporation. Il peut transformer un kg de plastique en un litre de pétrole. De l’usé- usagé en or noir : on va donc dans le sens inverse de celui connu et utilisé. Il est ensuite possible, après raffinage, de faire de l’essence, du plastique et ce qui est super c’est que le passage plastique vers pétrole est beaucoup moins polluant que dans le sens pétrole vers plastique.

D’autre structures ont aussi investit ce marché comme la société américaine Agilyx avec un concept assez semblable.

Comment ça marche ?

Comme vous le savez sûrement, la plupart des plastiques sont fabriqués à base de produits issus de la pétrochimie sauf les plastiques issus de maïs (pour certains sacs) ou de plastiques recyclés (les fameux crayons billes que l’on trouve dans les supermarchés). Bref, ce sont des procédés polluants, très énergivores et qui fabriquent des objets que parfois on utilise à peine cinq minutes (exemple: les sacs pour emballer les fruits ou les légumes).

On chauffe le plastique dans un récipient étanche puis les vapeurs (qui sont très nocives, ne faites jamais brûler du plastique dans un endroit fermé comme par exemple pour allumer la cheminée c’est dangereux) sont récupérées par des chambres et des tuyaux pour être refroidies et avec la condensation sont liquides. Elles se condensent en pétrole brut. attention, il est important de chauffer à la bonne température pour obtenir le résultat attendu. Puis ce pétrole peut servir à refaire des objets en plastique, des combustibles pour poêles et générateurs ou des carburants suivant le raffinage qui lui est apporté. Le pétrole se retrouve en surface, environ 75 % du poids de départ redevient du pétrole brut semblable à celui extrait chaque jour. Le reste se partage en gaz et en déchet final non recyclable. Par rapport à du plastique brûlé dans les usine à chaleur c’est impressionnant. D’après le constructeur 10 tonnes de plastique qui passent par ce système donnent environ cinquante barils de pétrole.

Cela dépense-t-il beaucoup d’énergie ?

Il est vrai que si cela dépense plus d’énergie que cela en produit on ne trouve pas grand sens à ce procédé. Certes, cela dépense de l’énergie pour permettre de chauffer, puis de refroidir, de récupérer, de reconditionner. On est dans un ratio de un baril consommé pour cinq produits ce qui est déjà très bien pour la machine de monsieur Ito, et, qui selon moi, va être de plus en plus intéressant au fur et à mesure des avancées et des reherches. La société Agilyx parle quant à elle, de 15% de perte mais d’une formation très réduite de déchets finaux, tel que le charbon, grâce à une maîtrise très fine des températures.

Quelle est la qualité du pétrole produit ?

Comme je l’ai écrit plus haut, ce pétrole est très semblable au Brent. Il est cependant plus pur car le plastique est un produit raffiné et donc débarrassé de certaines impuretés, ce qui en fait selon les experts un pétrole très léger et très recherché par les raffineries.

Quant au prix, il est très intéressant par rapport au cours du pétrole ce qui peut encourager cette filière et aussi les entreprises à l’utiliser.

Enfin, la faible pollution par rapport à d’autres types d’extractions comme les sables bitumineux (pollution énorme avec destruction durable des écosystèmes) ou les plateformes pétrolières (risque de pollution maritime, mais certains défendent ces plateformes, ce sera le sujet d’un prochain article) et le coût intéressant peut diminuer ces productions. Mais pour l’instant, il y a peu d’installation, bien que selon les constructeurs les carnets de commande se remplissent. Une technologie qui va compter dans les années à venir donc.

Qui pourrait s’en servir ?

Un grand nombre d’acteurs peuvent s’en servir, comme les entreprises, les raffineries mais il faut des grands espaces de stockage. L’Europe est en avance sur le recyclage mais elle a moins de place que les Etats-Unis ou le Canada pour stocker si bien que la présence en Europe de ce système est moins importante que dans ces deux derniers.

Mais récemment des machines plus petites ont été fabriquées pour les particuliers, cependant attention il vous en coûtera 9500$ ce qui est complexe à rentabiliser. Dans les années à venir on peut néanmoins espérer des appareils plus petits et moins chers.

C’est pour cela qu’un autre acteur émerge: les collectivités. La société suisse Diesoil donne un kit clé en main pour les collectivités qui souhaiteraient se lancer dans ce projet. Ils ont aussi installé une usine près de Mulhouse qui traite entre 50 et 100 kg à l’heure. D’ici 2017 on espère 5 ligne de traitement qui auront un rythme de 250 kg/h pour aller vers 500 kg/h! Mais pour que cela marche il faut au moins que a communauté dispose de 20 000 tonnes de déchets plastiques par an. Ce qui nécessite un tri et donc une implication des habitants pour la réalisation de ce projet.

En 2018, 30 usines de ce type devraient ouvrir dans le monde.

On a parlé du septième continent : est-ce que ça marcherait si on l’installait

sur les engins et filets prévus pour le nettoyage?

Ce serait en effet une très bonne idée. Il faut cependant que la machine soit capable de reconnaître les PET et les PVC qui ne doivent pas subir le même traitement.

Cependant, cela ne résoudrait pas le problème des microparticules de plastique, mais on aurait déjà une première valorisation mais il faudrait ensuite transporter ce pétrole ce qui pourrait être dangereux en cas de fuite, mais on aurait de vraies usines de traitement en mer.

En conclusion, cela nous rappelle que le traitement et surtout le tri des déchets est important et que des objets anodins sont faits de matériaux fossiles à économiser. J’ai hâte de voir les progrès faits dans ce domaine et des nouvelles technologies pour économiser et recycler bien que je pense que chacun en est une clé importante en réduisant ses déchets, en utilisant des emballages en verre et en recyclant.

J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter.

À bientôt,

Fleur.

2 Responses

  1. Belle invention effectivement ! Si à côté, on cessait de produire des sacs en plastique, ça serait parfait 🙂

  2. Intéressant, c’est un bon moyen de recycler ces sacs, même si je pense également qu’il faudrait tout bonnement cesser leur production.

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