Le septième continent

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Bonjour à tous et à toutes,

La dernière fois j’ai évoqué le projet de nettoyer les océans et la volonté de mettre en place des filets récupérant les déchets le long de la grande barrière de corail australienne . Mais aussi « le septième continent de plastique ». Aujourd’hui parlons de courants marins et du pourquoi du comment on observe un septième continent qui se forme. Bonne lecture et n’hésitez pas à intervenir dans les commentaires!!

L’autre jour je regardais Forrest Gump : lorsqu’il est sur son crevettier il pêche toutes sortes de choses mais quasi aucune crevettes. A un moment il pêche un casque américain qui n’est pas sans rappeler la guerre du Viêt-Nam dont il a pris part. Or l’Alabama est sur la côte Est des Etats-Unis donc pas du côté Pacifique, donc pas de Pearl Harbor. Pourquoi ce casque est là? et Bien grâce au Gulf Stream qui ramène les casques des soldats !!!

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Et là vous allez vous dire « elle a craqué, qu’est-ce qu’elle nous raconte??? » Tout simplement je veux vous dire que les déchets voyagent, voyagent … loin ; et que ceux-ci s’accumulent et peuvent créer un continent: le septième continent fait de plastique(s) en particulier de microparticules qui seront difficiles à éliminer.

Un peu d’histoire:

Le continent de plastique a été découvert en 1997, oui moi aussi ça m’a surprise, je trouve ça très récent mais quand on sait que nous connaissons mieux la surface de la Lune que nos fonds marins ça m’a fait relativiser. Cette « soupe plastique » a été trouvée par l’océanographe et skipper Charles J. MOORE car elle n’est pas visible sur une photo satellitaire mais que d’un pont de bateau de part sa composition (micro plastiques translucides) dans le Gyre nord Pacifique. Cette zone est très calme et tourne doucement permettant une concentration des particules flottantes et quand on apprend qu’une bouteille plastique met 500 ans à se décomposer on comprend mieux l’afflux.

Avant uniquement des déchets organiques s’y entassaient, ils étaient mangés par les organismes de la zone.

D’où viennent ces déchets?

Ce sont des débris plastiques venant de la consommation humaine de zones très urbanisées : côte Ouest de l’Amérique et côte Est de l’Asie. Il y a aussi beaucoup de débris provenant de bateaux très nombreux dans cette zone. On estime que 70% du plastique va couler et reste va naviguer au fil des courants. 80% est d’origine terrestre et provient d’une très mauvaise gestion des déchets. Wikipédia nous enseigne cette anecdote très utile pour mesurer le devenir de nos déchets : en 1992, une perte de cargo a concerné environ 30 000 canards en plastique jaune, tortues bleues et grenouilles vertes de la marque « Friendly Floatees ». En 1994, une perte a concerné du matériel de hockey. Ces événements constituent un moyen d’étude des courants à l’échelle globale. Plusieurs institutions ont demandé aux populations de rapporter l’échouage de ces objets, afin de mesurer les mouvements des eaux de surface résultant des courants de profondeur. On estime que dans 10 ans cette pollution aura décupler..

Le soleil, l’eau, les organismes agissent sur ces déchets les réduisant en « soupe » mais ne pouvant aller jusqu’à une totale métabolisation. Et le pire c’est que cette dégradation produit des déchets très polluants.

Plongée en eaux troubles, enfin presque

Quand on pense aux déchets plastiques on voit ce type de ravages :

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ou alors les dauphins qui croient manger un poisson et s’étouffent d’un sac. Certes, mais:

les plastiques représentent 90 % des déchets des océans et on juge que dans cette zone ils sont 6 fois plus nombreux que le zooplancton lors de mesures faites de 2001 à 2007. Le plancton peut être végétal ou animal et se trouve être le premier maillon de la chaîne alimentaire. Les déchets se transforment en « sable de plastique » qui peut être confondu avec le plancton par les baleines, poissons etc. Le plancton qui peut aussi ingérer cette soupe et ainsi on la trouve dans toute la chaîne alimentaire jusqu’à nos assiettes. Et ce n’est pas fini!! Sur ces particules se fixent d’autres polluants très persistants et toxiques.

L’impact sur l’environnement est donc important : Greenpeace estime que dans le monde 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères en meurent chaque année. Sur la zone 267 espèces sont directement affectées.

A l’assaut du septième continent:

Après cette découverte, plusieurs expéditions « septième continent » (terme utilisé pour sensibiliser au maximum le public) ont été menées entre 2013 et 2015 dont l’expédition Race for Water Odyssey, avec un catamaran de course, pour étudier et faire connaître cette pollution marine est la plus récente. Une expédition est aussi prévue cette année.

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Les travaux sont donc récents et aujourd’hui on compte cinq vortex (zone au centre des courants avec océan calme) où se concentrent ces déchets marins dont un très proche de nous en Atlantique Nord. Il reste donc beaucoup à étudier et surtout beaucoup de projets à encourager comme celui de Boyan Slat : The Ocean CleanUp dont nous avons parlé la dernière fois ou le projet P-Pod qui consiste d’après ce que j’ai pu comprendre en des bouées stockant le plastique et s’occupant de le recycler. Donc des nouveaux projets qui vont être lancés !!!

On fait quoi à notre échelle?

Après m’avoir lue vous devez vous dire que les projets ne seront que des actions ponctuelles, ce que j’avais démonté dans l’article précédent: le plus important c’est que les actions soient organisées et financées et surtout que l’on trouve des idées mais il y a des choses que l’on peut faire en restant sur la terre ferme:

– tout d’abord limiter notre consommation de plastique, comme avec la loi interdisant la distribution des sacs plastiques pour des sacs en papier ou des journaux qui va entrer en vigueur le 1 janvier 2017 même si les sacs plastique à usage unique sont interdits depuis le premier juillet 2016.

– on peut aussi tout simplement recycler, emporter ses déchets avec soi pour éviter de les laisser en pleine nature: le 2 septembre dernier plus de 2 tonnes de déchets ont été ramassés sur la Mer de Glace dans le massif du Mont Blanc par exemple.

– enfin on peut participer au nettoyage des plages pour éviter que les déchets échoués ne repartent à la marée suivante.

En conclusion on peut s’apercevoir que l’homme a encore beaucoup à connaître des océans et est responsable en quelques dizaines d’années d’un désastre à grande ampleur mais invisible. Il y a donc des actes tout simple à faire chaque jour ce qui est dans l’esprit du blog.

Et après?

Les plastiques ramassés peuvent être fondus et réutilisés mais après tout pourquoi ne pas aller dans l’autre sens plastique vers le pétrole, impossible? Par pour Akinori Ito dont nous parlerons la prochaine fois.

J’espère que vous avez passé un bon moment en ma compagnie

Je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Au revoir.

FLEUR

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