Nettoyage des océans utopie ou réalité ?

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fleur

Il y a quatre ans je découvrais le continent de plastique ( dont nous parlerons la prochaine fois), étant vendéenne je suis une fille de l’océan et je ne supporte pas me promener et trouver toutes sortes d’objets… Bref

Vous allez me dire l’océan c’est grand, une action sera une goutte dans un tel volume mais je me dis la pluie ce n’est que des gouttes et vous êtes trempé donc… on peut faire quelque chose.

Et c’est pour cette raison que je pense que l’on peut s’intéresser à une action qui a fait beaucoup de bruit il y a quelques semaines (vers la mi-juin de cette année). C’est le projet d’un jeune néerlandais de 19 ans, Boyan Slat, qu’il a commencé à penser depuis quatre ans et qu’il a pu enfin réaliser grâce aux dons sur une plateforme de financement coopératif a échelle expérimentale dans la mer du Nord. La pollution marine tue autant les végétaux que les animaux et se trouve présente partout mais Boyan a référencé cinq zones. Alors que certains experts estiment que plus de 70 000 ans pourraient être nécessaires pour se débarrasser de cet immense amas de déchets, Boyan pense que cela pourrait se faire en 25 ans!

Vous allez me dire qu’il est optimiste, utopiste mais son projet est très simple ce qui fait qu’il pourrait être mis en œuvre rapidement avec une action forte et avec un coût intéressant. Les cinq zones identifiées comprennent 30% de la population maritime totale donc seront ciblées et le mieux c’est que les déchets récoltés pourront même rapporter de l’argent : 500 millions de dollars en recyclant les plastiques.

océ

COMMENT CA MARCHE ?

Les courants marins créent des espaces très pollués (les particules sont en suspension) et Boyan et sa fondation comptent cinq ans par zone pour dépolluer. Ce projet a l’aval des experts et est actuellement comme je l’ai signalé plus haut en test en mer du Nord.  Il s’agit d’une barrière filtrant de 100m le long des côtes néerlandaises (à 23 km précisément). Ce test est d’une durée d’un an le but étant une barrière de 100 km dans le pacifique Sud à l’horizon 2020.

Le prototype: il s’agit de barrières flottantes qui sont arrimées au fond marin et auxquelles sont accrochés des filets de 1.50m de long qui peuvent supporter jusqu’à 80 tonnes et filtrer des particules jusqu’à 1mm. Si les boudins flottants peuvent faire penser à ce qui est utilisé lors des marrées noires pour contenir les hydrocarbures et limiter la pollution des côtes ici on est dans un projet beaucoup plus complexe déjà il doit résister aux courants marins (ce qui est différent des boudins de protections qui eux longent un espace réduit de côte) donc la zone de test n’a pas été choisie au hasard: il y a de fortes marrées combinées à des tempêtes importantes donc ce qui est présentée par son concepteur comme « la barrière flottante la plus résistante au monde » va en une année supporter ce quoi elle serait soumise en 100 ans dans l’océan. Le projet se base donc sur les courants qui apportent les déchets au sein des filets et qui sont ensuite aspirés et retraités.

Mais le projet à terme, le projet « The Ocean Cleanup » tel qu’il a été imaginé un jour sur une simple serviette de papier sera mille fois plus volumineux: il faut imaginer des bouées de plus de cinquante kilomètres forant un V déployés pendant 10 ans avec un rideau cette fois-ci sur 3 mètres de profondeur avec un système de collecte et un conteneur. Leur concepteur imagine nettoyer la moitié du pacifique sud avec lui voire plus si d’autres sont déployés. Mais on arrive aux limites du projet.

LA MISE EN OEUVRE ET LE FINANCEMENT ? 

Si le financement a été pour partie fait par le financement participatif il n’en reste pas moins que le million et demi a été versé par le gouvernement néerlandais et le groupe Boskalis (spécialisé dans les services maritimes).  En 2014, le programme des Nations unies pour l’environnement avait déjà fait de Boyan Slat le plus jeune lauréat du prix «Champion de la Terre» ce prix récompense dans les domaines du leadership politique, de la Science et de l’Innovation, de la Vision entrepreneuriale et de l’inspiration – et sont une source d’inspiration pour une action transformatrice  où moment où le monde opère une transition vers une économie verte inclusive (site des Nations Unies) .

Cette action est donc stimulante et doit appeler à de nouvelles idées car elle a cependant des limites.

UNE VISION AVEC SES LIMITES

Le projet va nettoyer 140 tonnes par an alors que seule l’Europe en produit 25 millions.

Le second obstacle est que le projet ne cible pas les micro-plastiques qui sont les principaux dangers pour la faunes et la flores océaniques qui en ingurgitent 8000 milliards par jour et que nous retrouvons dans toute la chaîne alimentaire et donc dans nos assiettes. Elles intoxiquent et en plus permettent aux micro-organismes dont les microbes possiblement pathogènes de se déplacer avec plus de facilité. Et ses plastiques où peut-on les trouver? le meilleur exemple est celui des gommages qui contiennent jusqu’à 10% de ses microbilles qui ne peuvent pas non plus être arrêtées lors du filtrage des eaux usées.

On sait qu’un saumon peut en ingérer 2 à 8 par jour et je ne vous apprend pas que le plastique est produit grâce au dérivés pétrochimiques. Les chercheurs ont prouvé qu’il conduit à une action sur les êtres vivants notamment sur les systèmes endocriniens conduisant à les perturber.

Il y a donc des limites, ces limites sont celles du visibles, il est donc intéressant que chacun surveille sa consommation: pour les exfoliants prenez des exfoliants au sucre et non plus à billes car ce que vous faites aujourd’hui va conduire à la qualité de votre assiette et des écosystèmes de demain.

En conclusion, je trouve génial cette idée car elle est novatrice, réalisable et a des effets visibles, l’expérience étant en cours depuis le 23 juin. Elle peut amener à plusieurs questionnement notamment sur notre impact, ce que nous pouvons faire et faire émerger d’autres idées et ne pas écouter les défaitistes. Certes, il y a des limites, certes si le projet se casse il faudra des mois pour réparer une structure de 100 km mais pour moi ce projet fait naître un espoir et surtout fait prendre conscience : une journée mondiale de la pollution maritime au micro-plastiques est envisagée et un simple projet sur une serviette en papier pourrait bien être l’initiateur de projets antipollution de demain.

A vos serviettes en papier!!!

FLEUR

4 Responses

  1. J’avais déjà entendu parler de ce jeune homme, c’est génial que son projet ait été validé et financé ! J’ai hâte de voir les résultats sur le long terme. Certes, il y a des limites, mais cette solution est de loin la meilleure que nous n’ayons jamais envisagée, c’est toujours mieux que de ne pas agir.
    Je rejoins à 100% ton opinion, la protection des océans commence par une responsabilisation de chacun 🙂

    • Bonjour,
      En effet c’est génial que le gouvernement ait pu le financer. Après c’est super aussi pour les sites de financement participatif. Selon moi il faut aller vers ce type de projet tout en allant vers une responsabilisation de chacun. Quand je vais à a plage parfois… jeter un mégot, un papier sont des gestes simples mais pas assez faits. J’aborde ce thème dans mon prochain article.
      A bientôt
      Fleur

  2. Bravo pour ce reportage très intéressant …si ça pouvait faire un peu bouger les choses et que les gens comprennent l’importance de protéger notre planète ….Allez soyons optimistes

    • Bonjour,

      Merci pour vos encouragements. En effet il faut inciter les gens à faire tout ces petits gestes, je suis de nature optimiste et je me dis que d’autres personnes auront d’autres idées, que les projets seront encouragés et connus pour que chacun puisse en saisir l’importance.
      A bientôt
      Feur

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