Objectif : jardin de flemmard

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torsten-dettlaff

Bonjour à tous !

Si vous avez eu l’occasion de lire le bilan de mon premier potager de loutre, vous avez noté ma volonté de réduire au strict minimum mon implication dans l’entretien des plantes et mon impact sur l’environnement. Hors de question pour moi de faire dans le tout beau tout bio, si c’est pour déverser 600L d’eau potable par jour pour quelques pieds de légumes. Mon potager m’a permis de constater qu’il est possible de récolter des légumes de cette façon, et je suis convaincue qu’avec un peu d’amélioration et de persévérance, je réussirai à appliquer cela à l’ensemble des plantations, fleurs, plantes, légumes etc…

Pourquoi j’y crois ?

Eh bien, parce qu’il existe des alternatives à notre conception du jardinage. J’ai découvert récemment la permaculture et son petit frère le xéropaysagisme. C’est quoi ces trucs ?!

La permaculture est une méthode qui vise à réduire le temps de jardinage et son impact sur l’environnement en cherchant à créer un cycle naturel de production du jardin. On ajoute à cela l’envie d’intégrer son jardin à l’écosystème naturel de la région où il se trouve en essayant au maximum de privilégier des espèces locales qui, tout naturellement seront adaptées au climat et au sol. D’accord, et le xéro-machin ?

Le xéropaysagisme (du grec ancien « xeros » = sec), pour faire court, c’est du jardinage sans eau. C’est-à-dire qu’on va cultiver des plantes (herbes, fruits, légumes, fleurs…) en choisissant des espèces qui nécessitent peu d’eau.

Il s’agit donc d’obtenir des plantations en auto-gestion.

Pourquoi ça nous inspire ?

Même si au premier abord, ça semble compliqué, dans la pratique, c’est censé devenir bien plus simple. Il va falloir comme pour tout jardin choisir ses plantes et les mettre en terre selon une disposition plus ou moins réfléchie. Les plantes qui ont besoin d’ombre, à l’ombre, les plantes qui ont besoin de soleil, au soleil. Eh ben, elle n’a pas inventé l’arrosoir celle-là ! On garde en tête cependant qu’on cherche à limiter l’utilisation de l’eau, donc on choisit des plantes peu gourmandes ou alors on choisit encore une fois leur emplacement de la façon qui nous semble la plus logique. Autrement dit, prenez le temps d’analyser votre terrain et d’analyser les plantes que vous souhaitez y mettre, vous y gagnerez probablement en investissement et rentabilité plus tard.

Par exemple, si vous avez un plan d’eau sur votre terrain (petits chanceux) et/ou un carré d’herbe qui reste souvent humide, pourquoi ne pas tenter d’y planter les courges et autres potirons ? Ce sont des plantes qui demandent beaucoup d’eau, en toute logique, s’ils sont sur une surface humide, ils y seront bien mieux qu’en plein milieu de votre terrain où le soleil brûle tout du lever au coucher. Vous réserverez cet espace aride pour les aromatiques, qui aiment le soleil et savent vivre en milieu sec.

Il est complètement envisageable de répartir les fruits et légumes sur votre terrain comme vous le feriez avec des fleurs, afin de trouver l’endroit le plus approprié pour ceux-ci. Après tout, un plant de tomate peut être considéré comme étant aussi décoratif qu’un parterre de fleurs. Tout dépend bien entendu de l’aspect que vous souhaitez donner à votre jardin et de vos attentes.  Mais si vous n’avez pas la chance d’avoir un sol riche sur lequel tout pousse par miracle, ce qui est le cas de nombreuses personnes, ce petit effort de réflexion peut vous permettre d’améliorer vos récoltes et réduire votre temps de travail. Sans oublier (toujours !) la diminution de votre consommation d’eau.

Si vous avez un balcon, ce sera probablement un peu plus compliqué mais vous avez toujours la possibilité d’améliorer les choses en faisant de l’ombre ou en choisissant bien vos plantes. Rien ne sert de vous obstiner à faire pousser des légumes du soleil si tous les ans les plants meurent par manque d’exposition.

Aussi, on choisit des plantes complémentaires qui pourront pousser ensemble sans se gêner ou qui pourront se remplacer à tour de rôle, saisons après saisons, afin de conserver l’idée d’un cycle perpétuel qui n’appauvrit pas votre sol. Par exemple, j’ai appris que replanter des aubergines au même endroit est déconseillé pendant quatre à six ans. On cherchera donc à planter à la place des plantes qui prennent ou apportent d’autres nutriments au sol.  Autre exemple, on prend note qu’après le passage d’un pied de tomate, le sol est appauvri et il est préférable de le laisser se reposer jusqu’au prochain printemps ou de planter ce que certains appellent un engrais vert, comme de la mâche ou des épinards.

Rassurez-vous, votre jardin ne sera pas aussi desséché 😉

Finalement…

La permaculture et le xéropaysagisme, ce n’est qu’une question de bon sens, qu’il faut apprivoiser et développer tranquillement et sûrement. Pas la peine de se mettre la pression ! Si les plantations de cette année sont ratées, on se pose deux minutes et on essaye de comprendre pourquoi : manque de ceci, trop de cela… et on cherche des solutions. Votre production de légumes a été super top, mais vous vous rendez compte que vous avez utilisé plus de pesticides et désherbants qu’un agriculteur ? (et vous culpabilisez ?) Là aussi, prenez le temps d’analyser. Adapter ses habitudes ou sa vision des choses n’est pas forcément difficile, mais cela demande parfois du temps. Et si vous êtes néophytes en la matière, faites simple ! Rome ne s’est pas faite en un jour. Vouloir trop en faire dès le début et vous fixer des objectifs complexes sont les meilleurs moyens de vous dégouter définitivement de vos bonnes intentions.

Surtout : Ne vous faites pas la morale ! Votre jardin est un plus, un élément de votre vie qui joue un rôle complémentaire. Il est là pour valoriser votre quotidien, que ce soit en vous émerveillant chaque fois que vous passez devant votre rosier (amélioration de votre humeur) ou en remplissant votre assiette de façon occasionnelle ou régulière (valorisation de votre alimentation, sentiment de fierté, réduction du coût de vos courses, *rayer la mention inutile*). Votre jardin ne doit jamais devenir une contrainte ou une prise de tête permanente, on préfèrerait qu’il soit un prétexte à la détente et à de bons moments en famille ou entre amis. Oui, comme dans les pubs, vous allez vous levez du bon pied, rire gaiement en famille, dresser une table de cinquante convives pour du jambon fumé, boire un bon café avant de courir rattraper vos chevaux qui se sont échappés…de votre appartement de 50m²…aaaaah les pubs, si proches de la réalité !

Quelques petites notes supplémentaires…

Trouver les plantes qui poussent sans eau sur votre terrain sera peut-être difficile au début. En attendant, récupérer l’eau de pluie peut être judicieux si vous n’y avez pas encore pensé. Il existe des récupérateurs d’eau de pluie de toutes les tailles, dans tous les styles et pour tous les budgets. Demandez des informations dans votre jardinerie, sur internet, comparez les produits et choisissez celui qui vous correspond. Il n’est peut-être pas utile d’avoir un récupérateur de mille litres si votre espace de jardinage fait deux mètres carrés… Encore mieux, vous en trouverez sûrement d’occasion près de chez vous en jetant un œil aux petites annonces 😉

Si vous compostez, n’oubliez pas d’associer régulièrement votre compost à votre sol pour l’enrichir. Un sol riche boostera vos plantations en proposant des nutriments divers et variés que ces dernières apprécieront.

La grande saison du jardinage touchant à sa fin, d’autant plus si vous ne souhaitez pas faire de culture avant l’année prochaine, sachez que vous avez désormais les informations et le temps nécessaire pour imaginer l’avenir de votre jardin. Alors à vos calepins !

 

LOU

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